Projet thérapeutique de Biodanza: de la peur à la libération par Pilar Peña
- Biodanza-Paula

- il y a 2 jours
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La peur est une émotion basique qui, bien qu’elle ait une fonction essentielle dans la défense de notre vie, elle peut devenir notre pire ennemi et bloquer des aspects fondamentaux qui nous empêchent d’être heureux.
Le Projet Minotaure est une extension de la Biodanza qui permet au participant d’identifier ses peurs de base, d’affronter et de dépasser avec succès des défis spécifiques et ainsi devenir protagoniste de son propre processus de guérison.
Si nous nous posons la question de savoir quelles sont les émotions qui nous paralysent le plus dans la vie, la majorité d’entre nous répondrions que la peur, bien qu’elle ne se manifeste pas toujours de façon claire, est à la base de nombre de nos réponses émotionnelles.
Rolando Toro a développé la Biodanza comme un système qui, bien qu’ayant des résultats thérapeutiques, ne l’est pas sous sa forme méthodologique car elle ne nous affronte pas directement au conflit. Elle utilise tous les potentiels de santé (lignes de vivencia) qu’il y a dans les domaines de la vitalité, de la créativité, de l’affectivité, de la sexualité et de la transcendance, en le stimulant à partir d’une approche positive. Il s’agit de mettre plus de lumière à tous ces aspects de sorte que la lumière gagne du terrain sur l’obscurité. Il y a cependant certaines portes de notre existence qui sont tellement fermées et bloquées qu’il faut les affronter directement pour commencer à les ouvrir et à permettre que la lumière entre.
Rolando a pu voir que derrière ces portes fermées, l’émotion qui habite est la peur et, à la base de toutes, la peur de perdre son identité. Ainsi, il a développé une extension de la Biodanza qui travaille avec la reconnaissance et le défi des peurs de base qui soutiennent les conflits, et que nous appelons Projet Minotaure. Ce projet permet aux participants d’identifier leurs peurs de base et de les affronter par des exercices (défis) spécifiques dans un environnement hautement favorable, avec une méthodologie sécure et amplement prouvée. Ce projet a pour objectif d’augmenter la connexion avec sa propre identité et avec sa base instinctive, inverser les processus d’aliénation et de conditionnements socioculturels, rétablir le lien essentiel avec les processus de nutrition de la vie et permettre que chaque personne soit protagoniste de son propre processus de guérison.
A la question, qu’est-ce que la peur ? On peut répondre à partir de différentes disciplines, la biologie, les neurosciences, la psychologie, l’anthropologie et la sociologie, entre autres. Du point de vue de la biologie, c’est la première émotion qui apparaît en tant que mécanisme de survie, de défense et d’adaptation.
Le siège neurologique de la peur est l’amygdale, la partie la plus primitive de notre système limbique ou cerveau émotionnel. C’est là que se déclenche la réponse de « lutte ou fuite » devant n’importe quelle menace possible, élevant les niveaux d’adrénaline et de cortisol dans notre corps, produisant toutes ces sensations physiques de réponse au stress que nous connaissons tant. Etant une sauvegarde pour notre vie, la réponse de l’amygdale est extrêmement rapide, mais est peu précise. Nous pouvons ainsi répondre avec une réaction de peur devant des situations qui ne sont pas véritablement dangereuses.
Da la même façon que nous naissons avec certaines défenses dans notre système immunitaire et que d’autres vont se développer en fonction de notre exposition à différents agents extérieurs, nous naissons également avec des peurs ou « systèmes de défense » hérédités de l’espèce et, au cours de la vie, en fonction des expériences que nous avons, nous allons développer de nouvelles peurs. Elles s’acquièrent et se gravent dans notre mémoire par les cinq sens, spécialement la vue. Ainsi, devant une situation qui nous a fait peur, n’importe quel stimulus, même séparé, que nous pouvons associer à cette expérience, nous déclenchera automatiquement la même réponse, comme s’il s’agissait d’un acte réflexe que nous ne pouvons contrôler.
S’il n’y avait que ce mécanisme de réponse à la peur, nous serions perdus parce que la complexité et le niveau de stimulations auxquels nous sommes exposés est si complexe que nous serions toujours en situation d’alerte.
Dans la zone préfrontale de notre cortex cérébral, il y a un autre centre d’analyse et de réponse qui est plus sophistiqué et précis que l’amygdale mais qui est deux fois plus lent. Certains signaux d’alertes sont tellement fortement gravés dans notre cerveau émotionnel que la réponse de l’amygdale se déclenche instantanément et automatiquement, avant que notre cortex préfrontal puisse faire une analyse détaillée de la situation. C’est ce qu’on appelle « rapt et séquestration émotionnelle » ; notre cerveau a été séquestré par l’amygdale et nous ne pouvons plus penser clairement.
L’excès de réponse de l’amygdale ou le manque de régulation par le cortex nous met en situation d’alarme et de stress physique et émotionnel, et le manque de réponse devant des situations de danger met notre vie en danger. Arriver à équilibrer ces deux centres, l’instinctif et le rationnel, est ce qui garantit une réponse émotionnelle saine devant la peur. Le Projet Minotaure favorise les fonctions internes pour récupérer l’équilibre, en restaurant la fonction régulatrice principale, la fonction limbique-hypothalamique.
De même que la peur s’apprend, elle peut se désapprendre par des expériences vivencielles qui effacent les réponses automatiques à la peur. Comme son apprentissage a été inconscient et vivenciel, le Projet Minotaure propose un voyage vivenciel de la conscience à l’inconscient par une approche par le mythe et l’archétype. La vie se présente comme un labyrinthe avec différentes portes, dans lequel nous devons trouver celles qui nous conduisent au bonheur et à la plénitude.
Le labyrinthe comme archétype dans ce projet, est le symbole de l’univers mystérieux où habitent nos fantasmes inconscients, nos désirs inavouables, nos peurs et répressions, mais aussi notre innocence sauvage.
Le projet thérapeutique du minotaure est un système holistique d’intégration dans lequel prédominent les ressources cénesthésiques-vivencielles, mais inclut également les ressources cognitives-verbales. Il utilise des exercices et des danses comme des défis qui incluent autant le mouvement que les mots. L’utilisation de défis dans un contexte mythique et de cérémonie groupale, contribue à ce que le participant les affronte avec succès. L’utilisation de la musique comme force de déflagration des potentiels évoqués, la présence et l’appui du groupe, sont des facteurs essentiels pour la réussite.
Rolando a élaboré un arbre des peurs par frontières, où la peur de perdre l’identité serait le tronc et le reste des peurs serait relié systémiquement mais divisé en quatre branches fondamentales qui ont des objectifs et des lignes de vivencia spécifiques à développer :
- Frontière de la peur de vivre.
Elle a pour objectif d’amener la personne à développer sa capacité de marcher dans la vie avec autonomie et sécurité ; elle se développe par la ligne de la vitalité.
- Frontière de la peur de l’expression.
Elle permet l’expression naturelle, sincère et assertive et développe une réponse adéquate à l’expression de l’autre. La ligne de vivencia à développer est la créativité.
- Frontière de la peur de l’amour.
Elle a pour objectif de déclencher le processus d’identification avec l’autre et avec l’espèce, d’ouvrir à l’intimité et au réveil du désir. L’affectivité et la sexualité sont les lignes qui doivent être potentialisées.
- Frontière de la peur du primordial.
Elle aide à développer un état de plénitude maximale en connexion avec soi-même et avec l’extérieur, ainsi qu’expérimenter l’unité avec le tout. La ligne de vivencia qui doit être développée est celle de transcendance.
Si tu lis cet article, c’est parce que tu as des peurs, parce que si tu ne les avais pas tu ne serais pas vivant. Si tu souhaites, cependant, commencer à diminuer celles qui te paralysent dans ta vie, tu sais déjà que c’est possible et que cela dépend de toi.
Le courage ne consiste pas à ne pas avoir peur, mais à la reconnaître, à la prendre par la main et à marcher avec elle et l’affronter.


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