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Un chemin vers une éducation plus affective par Virginia Saura

Photo du rédacteur: Biodanza-Paula
Biodanza-Paula
1 sept.
4 min de lecture

Réfléchissons ensemble sur quelques questions… comment serait-ce pour nous… avons-nous choisi un chemin qui s’appuie sur la vie, une éducation cohérente avec notre paradigme ?...

 

En comprenant l’éducation comme un processus de socialisation où éduquant – éducateurs sont en rétro-alimentation continue, apprenant l’un de l’autre. Où il n’y a pas celui qui a le pouvoir, le savoir absolu, où il n’y a pas  une vérité qui doit s’imposer, un vase vide qu’il faut remplir de contenus qui n’ont pas de sens.

 

L’être humain, comme le dit Vygotsky (pédagogue important), est un être social par nature, il apprend en interaction avec l’autre. De ce point de vue, il ne serait pas étrange de penser qu’en tant qu’êtres sociaux, nous sommes des éducateurs et des éduqués en interaction constante, alternant ces rôles selon le contexte dans lequel nous sommes et la façon dont nous avons de communiquer.

 

La première institution éducative est la famille, c’est là où l’enfant apprend et construit un modèle de socialisation, une façon de se relier avec l’autre, de communiquer.

 

L’éducation formelle, (les centres d’éducation maternelle et enfantine, l’école, l’université) est la deuxième institution éducative. Chacun de nous est passé dans ces différentes institutions, d’autres en faisaient même partie.

 

Ainsi, si l’éducation fait partie du processus de socialisation, elle transmet des valeurs, des normes et des modèles culturels. Chacun de nous est dans une certaine mesure responsable, porte-parole et constructeur de ce processus. Si nous avons choisi un changement dans notre style de vie et une façon plus amoureuse de nous mettre en lien, il ne serait pas cohérent de parler aussi d’un changement dans l’éducation.  Ce serait comme parler d’une éducation affective…

 

Dans l’éducation affective, l’éducateur et l’éduqué sont dans un processus permanent de rétro-alimentation affective-cognitive. Dans ce contexte, l’apprentissage significatif se fait dans un cadre affectif et de construction des savoirs. Où ce que chacun apporte a une valeur en soi et c’est de là que naît la transformation. L’éducateur n’est pas celui qui a le savoir, mais bien celui qui facilite les outils pour expérimenter, être curieux, créer, poser des hypothèses et synthétiser.

 

Pourquoi parler d’une éducation affective ?

 

Il y a différentes théories, chacune d’elles avec leurs différentes formulations, comme Wallon, Piaget, Bowlby, Spitz, Vygotsky, mais tous parlent de l’importance de l’affectivité comme facteur qui permet un développement sain de l’être humain.

 

Dans la théorie constructiviste : pour Piaget et Bruner, l’apprentissage est un processus actif, l’éduqué construit et transforme de nouveaux apprentissages basés sur les précédents. Dans cette proposition, l’éducateur est celui qui facilite l’interaction de l’éduqué avec la connaissance. Il offre un cadre adéquat pour expérimenter, être curieux et développer : les potentiels innés, de nouvelles habiletés, des aptitudes et systématiser l’acquisition de nouveaux savoirs.

 

Claudio Naranjo, dans son livre : Guérir la civilisation, propose aussi que l’éducation devrait prendre en compte l’aspect affectif. Il parle d’une pédagogie de l’amour qui facilite la guérison du monde émotionnel pour une meilleure relation avec soi-même, avec l’autre et avec l’univers.

 

L’UNESCO affirme que l’éducation devrait s’occuper de « l’apprentissage du vivre ensemble » ; et par conséquent non seulement de l’intellectuel qui implique « l’apprendre à faire » mais l’émotionnel et l’affective qui ont plus à voir ave « l’apprendre à être ».

 

Si nous parlons d’éducation affective, pourquoi ne pas parler d’intelligence affective. Rolando Toro dit : « L’intelligence affective favorise une relation dynamique agréable dirigée vers l’acte de se connaître, de connaître l’autre et de connaître l’univers, où le savoir entre par les sens et non seulement par l’intellect. La base du développement de l’intelligence affective est donc le renforcement des liens ».

 

Le désir d’apprendre est inné, déjà dès la vie intra-utérine, l’être humain est avide de découvrir tout ce qui est autour de lui, la curiosité est un moteur qui impulse le mouvement, qui génère une interaction avec l’entourage. Par conséquent, le plaisir, la joie et l’exploration font partie de l’apprentissage. Il n’y a pas d’apprentissage si la pensée ne provient que de conclusions antérieures, qui sont donnée par l’extérieur, comme imposées, comme des vérités qui ne sont pas remises en question. Une éducation qui ne se base que sur la répétition d’informations, sans internaliser, ni vivre, quel type d’individu forme-t-elle ?...

 

Dans l’éducation actuelle, l’apprentissage devient ennuyeux, démotivant, une simple répétition d’informations sans sens. Dans la mesure où l’éduqué n’est pas acteur de son propre apprentissage, n’interagit pas avec la connaissance, ne la vit pas, ne la crée pas, l’apprentissage s’éloigne de sa fonction originelle et naturelle.

 

L’éducation affective est un processus continu de construction collective, d’internalisation de vivencias et de systématisation de contenus. C’est une éducation avec « signification », l’information a un sens pour l’individu dans la mesure où il peut s’approprier la connaissance et la transformer. Les objectifs de ce type d’éducation sont de développer et potentialiser les capacités innées de l’être humain, comme : la créativité, la spontanéité, la capacité à établir des relations satisfaisantes avec les autres, la joie, le bien-être, l’esprit ludique, la capacité de réponse, d’abandon, de rencontre à partir de l’authenticité. En résumé, offrir à l’individu les outils nécessaire pour être acteur et créateur de sa propre vie. Ce type d’éducation implique de rendre à l’apprentissage sa fonction naturelle.

 

Si nous comprenons l’éducation comme un processus de socialisation, capable de transmettre des valeurs et des modèles culturels, comment serait la société si l’éducation se construisait dans un cadre empathique, joyeux, spontané et amoureux ?

 

Qu’est-ce que chacun d’entre nous pouvons faire pour contribuer à une telle proposition ?

 

Apportons-nous notre grain de sable… ?

 

 
 
 

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