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Neurobiologie de l’amour et Biodanza par Mariela Paula Toro Sanchez

Introduction


« Ma proposition ne consiste pas seulement à danser, mais à activer, par certaines danses, des potentialités affectives et de communication qui nous connectent avec nous-même, le semblable et avec la nature ». Rolando Toro


Rolando Toro, créateur du système Biodanza, affirme ici son objectif d’activer des potentiels affectifs, c’est-à-dire de lien essentiel aux trois niveaux, avec nous-mêmes, avec le semblable et avec l’univers.


Le système Biodanza se pose donc comme un environnement enrichi qui promeut le lien, une approche, non à partir du cognitif-mental mais une approche à partir des vivencias, qui permet la perception de l’unité qui nous habite, qui nous fonde avec les semblables et avec l’univers.


Notre société qui nous demande de la productivité, de la rapidité, de l’assertivité, etc., ne nous permet pas de développer cette façon de percevoir le monde et de l’habiter. Il est donc nécessaire de disposer d’un système qui nous fournit un contexte, c’rée un temps et un espace d’interaction entre les membres d’un groupe humain où ces expériences s’induisent et sont garanties par la tendresse et le respect.


Une synthèse extraordinaire, élaborée par le Prof. Rolando Toro, sur la formation dynamique complexe de l’identité se trouve sur le schéma I. Dans ce schéma, il est montré que l’affectivité est le résultat de l’identité intégrée, dont la genèse est la sensation émouvante de se sentir vivant. Expérimenter notre corps comme source de plaisir et réaliser le processus de valorisation que nous faisons de nous-mêmes sur la base de sensations et d’expériences que nous avons incorporées tout au long de notre vie, lesquelles forment notre identité. A partir d’une estime de soi saine, nous sommes capables de nous aimer nous-mêmes, les autres et de nous sentir partie d’une totalité plus grande.


Une affirmation de Rolando Toro que « L’affectivité est une expression de l’identité » rend compte de la complexité qui sous-tend l’acte d’aimer et donc la complexité de la rééducation affective. Les vivencias avec un environnement enrichi en Biodanza sont constituées comme un système unique qui permet le travail avec les éléments qui façonnent l’identité et comme un résultat de leur intégration, rééduquer l’affectivité.


« La ligne de l’affectivité a, en Biodanza, son expression privilégiée dans l’amour. ‘L’affectivité est l’expression de l’identité’ : cette affirmation est la base théorique de notre conception de l’affectivité ».


On pense souvent superficiellement à réaliser des changements de conduites, en réalité, la conduite seule ne peut se modifier qu’en développant notre capacité d’aimer. Comprendre que pour développer ce potentiel affectif implique d’avoir des expériences, avec des circuits biologiques bien établis, nous donne des arguments pour nous octroyer des opportunités d’avoir de telles expériences.


Nous pouvons obtenir de grandes réussites de celles-ci, nous percevoir nous-mêmes amoureusement comme êtres sacrés, percevoir les autres comme êtres sacrés dans un univers dont nous faisons partie.


Dans ce texte, j’essayerai d’expliquer quels sont les mécanismes neurobiologiques par lesquels passe un individu quand il aime et est aimé, tous les changements physico-chimiques et les changements de conduites qui se produisent sans que nous nous en rendions compte. Dans ce travail, on donnera une réponse à ces événements qui ne sont pas propres à nous êtres humains, mais aussi à d’’autres mammifères.


L’amour a cessé d’être la seule préoccupation des artistes, philosophes et psychologues et est devenu une matière d’études pour les sciences biologiques où on essaye de trouver les bases neuro-fonctionnelles qui amènent à cette expérience.


En Biodanza, on prétend induire des états similaires à ceux qui se produisent de façon naturelle dans la vie, stimuler la déflagration de ces mêmes composantes bénéfiques.


« Le groupe est essentiel dans le processus de changement, parce qu’il induit de nouvelles formes de communication et de lien affectif. Le groupe est une matrice de renaissance, dans lequel chaque participant trouve un contenant affectif et une permission pour le changement. Pendant un siècle, la psychothérapie a concentré son intérêt sur l’individu comme être isolé, mais aujourd’hui nous savons qu’une évolution solitaire n’est pas possible. La présence du semblable modifie le fonctionnement des personnes à tous les niveaux organiques et existentiels. » Rolando Toro


L’amour est une expérience agréable, présente dans toutes les cultures et à toutes les périodes historiques. Déjà en Sumer, quatre mille ans avant Jésus-Christ, on peut lire sur des gravures « mon aimé, délice de mes yeux ». De là à nos jours, l’expérience de l’amour romantique est présente dans des peintures, des poèmes, des sculptures, des chansons, des livres, etc. Ce n’est pourtant qu’au 20ème siècle qu’on commence à étudier le fonctionnement du système nerveux comme la source de l’explication fonctionnelle des différentes expériences que nous vivons. De cette façon, les neurosciences avec ses différentes branches tentent de clarifier les phénomènes cognitifs plus complexes que nous avons dans notre nature d’être humain (Garza I, 2010).


Selon Rolando Toro (tous les textes originaux du Prof. Toro sont en gras) :

« L’affectivité est un état d’affinité profonde envers d’autres êtres, capable de créer des sentiments d’amour, d’amitié, d’altruisme, de maternité, de paternité et de camaraderie. Des sentiments opposés, pourtant, (colère, jalousies, insécurité et envie) peuvent être considéré comme des composantes du phénomène complexe de l’affectivité

Par l’affectivité, nous nous identifions aux autres personnes et sommes capables de les comprendre, de les aimer et de les protéger : nous pouvons cependant aussi les rejeter et les agresser. Selon Ortega y Gasset, l’affectivité englobe toutes passions de l’âme, en particulier l’amour, la tendresse et la haine.

L’affectivité peut avoir une dimension de ‘amour différencié’ (dirigé vers une seule personne) ou de ‘amour indifférencié’ (dirigé vers l’humanité).

Comme nous le savons, l’identité engage l’unité complète de l’organisme : fonctions organiques, humeur endogène, perception et sens éthique. »


L’amour est une expérience agréable qui est présente dans toutes les cultures et qui a une base neurobiologique complexe qui la sous-tend. Le système neurologique du plaisir est fondamental pour cette expérience et, contrairement à ce que l’on pense normalement, l’amour est plus lié au système neurologique de récompense cérébral et aux motivations qu’aux émotions. Les noyaux et les neurotransmetteurs qui synthétisent l’expérience de l’amour sont les mêmes qui sous-tendent l’addiction aux drogues comme la cocaïne, les amphétamines ou la morphine. De plus, les symptômes par abstinence de consommation de drogues et ceux qui se créent quand on termine une relation de couple sont quasi les mêmes (Maureira F., 2009).


Les interactions sociales positives peuvent aider à créer des états physiologiques qui sont anxiolytiques et réducteurs de stress, c’est-à-dire à promouvoir la santé, augmenter la survie et la qualité de vie (Esch et coll., 2005).


L’amour

« Aimer c’est trouver dans le bonheur de l’autre ton propre bonheur » Gottfried Leibniz


Comme concept, l’amour se considère normalement comme un sentiment profond et ineffable de préoccupation affectueuse pour une autre personne, un animal ou une chose. Cette conception même de l’amour englobe une grande quantité de sentiments différents, allant du désir passionnel et de l’intimité de l’amour romantique à la proximité émotionnelle asexuée de l’amour familial, l’amour platonique, à la profonde unité de la dévotion de l’amour religieux. L’amour, sous ses différentes formes, agit comme un facilitateur important des relations interpersonnelles et, étant donné son importance psychologique centrale, c’est un des thèmes les plus fréquents dans les arts créatifs (musique, cinéma, littérature). Du point de vue de la biologie, il semble être lié à la survie de l’individu et de l’espèce ; selon certains, il n’est pas réservé à l’espèce humaine mais peut aussi se trouver chez d’autres animaux capables d’établir des liens émotionnels.


« L’expression des émotions en Biodanza est très intense. Les exercices induisent des émotions de joie, d’érotisme, de tendresse et des états de régression, par des danses intégrantes et de communion avec le groupe.

Von Uexkull a proposé que les individus sont les ‘organes’ d’un organisme plus grand qui est ‘l’espèce’. Ainsi, un individu dissocié de l’espèce représente une maladie dans le tout. »


La fonction biologique de l’amour assure la survie par des liens affectifs, des relations sexuelles et la reproduction. Ces liens promeuvent de plus le rééquilibre des états physiologiques et psychologiques altérés et réduisent le stress.


« Les impulsions biologiques de coopération, intégration et solidarité culminent, chez l’être humain, avec des sentiments altruistes et constituent la genèse de l’amour. L’affectivité a une représentation neurologique cortico-diencéphalique complexe. »


L’amour est un phénomène neurobiologique complexe qui se base sur la confiance, sur le plaisir et la récompense. Ceci, dans le cerveau, entraîne des processus limbiques dans lesquels il existe des variations dans la libération de vasopressine, d’ocytocine, de dopamine, de sérotonine, d’endorphines, des mécanismes morphinergiques associés à la voie d’autorégulation avec l’oxyde nitrique.


Les activités de récompense et le plaisir sont nécessaires pour la survie, une motivation d’appétit qui gouverne les comportements biologiques comme manger, l’activité sexuelle et la reproduction. Il existe de larges bases de signalisations communes et de caractéristiques biologiques bénéfiques qui se connectent au concept d’amour, combinant des aspects physiologiques avec l’amour maternel, romantique ou sexuel et l’union avec d’autres activités saines ou états neurobiologiques (Esch et coll., 2005).


Les mécanismes biologiques qui servent de médiateur entre la motivation du comportement et des événements communément associés au plaisir sont appelés de récompense cérébrale. Ils gouvernent généralement le comportement par des expériences de plaisir (Garza I, 2010).


Les émotions et sentiments appartiennent aux mammifères supérieurs et leur étude fut pendant longtemps regardé par les chercheurs scientifiques. La connaissance de la neurobiologie de l’amour n’est pas encore terminée et on a seulement fait des recherches sur les composantes moléculaires présentes dans l’amour. Ce concept d’amour implique d’avoir une union émotionnelle et une stimulation sensorielle envers quelqu’un et dérive aussi du désir et de la satisfaction, ce qui a une racine commune avec la libido.


L’amour a une relation étroite avec le plaisir, l’appétit, l’addiction et la récompense. Les activités naturelles de récompense, comme l’amour, déclenchent des molécules signal. Cette stimulation peut ne pas être aussi forte et durable que les addictives (Maureira F., 2009).


La genèse biologique de la ligne de l’affectivité est liée à l’instinct de solidarité intra-espèce, aux impulsions grégaires, aux tendances altruistes et aux rituels de lien. En éthologie, on décrit abondamment l’instinct de troupeau, la formation de bancs de poissons et de bandes d’oiseaux.


Les impulsions biologiques de coopération, d’intégration et de solidarité culminent, chez l’être humain, avec les sentiments altruistes et constituent la genèse de l’amour. L’affectivité a une représentation neurologique cortico-diencéphalique complexe.


La possibilité qu’il existe des composantes génétiques dans l’affectivité est en discussion. Adrián, Paul Weiss, Kenneth Roeder et Erich Von Holst ont étudié le comportement spontané chez les personnes et les animaux. Cette étude a révélé que le système nerveux, pour répondre, n’a pas besoin d’attendre de stimuli externes. Le système nerveux peut produire, par lui-même, les stimuli à partir de réactions physiologiques. Le niveau d’affectivité des personnes semble être déterminé, en partie, par les fonctions neuroendocriniennes (Esch et coll., 2005).


« Vivre dans la joie de ‘être avec l’autre’ signifie ‘vo-vivre’, acquérir la capacité de lien affectif. La vivencia qui surgit pendant la ‘convivencia’. Danser en groupes, découvrant progressivement les rituels d’approche, permet l’intégration de l’identité. ‘Notre identité se révèle en présence de l’autre’.

La vivencia d’être vivant est constamment affectée par l’humeur corporelle et par les stimulations externes, mais sa genèse est viscérale ».


Amour et addiction


Les activités naturelles de récompense comme l’amour, manger, le sexe, entre autres, ne dépassent pas la physiologie normale, générant des états bénéfiques de santé chez les individus qui les expérimentent. Au contraire, celles qui se produisent avec la consommation de drogues demandent un engagement élevé de la biologie de ceux qui les expérimentent.


Les récompenses naturelles sont des expériences agréables qui dépendent généralement d’un désir antérieur à développer le plaisir potentiel, le désir diminue une fois qu’il est consommé et il faut un certain laps de temps pour atteindre de nouveaux niveaux de plaisir. Pendant ce temps, la même expérience de désir peut même induire du rejet.


Les drogues addictives, par contraste, produisent des niveaux d’appétit très élevés qui ne sont pas complètement libérées ou seulement pour un temps court de consommation. Ce fait frustrant produit plus d’appétit et la recherche de plaisir ne peut s’arrêter, de sorte que cette recherche va contrôler les activités normales de la vie. Les récompenses naturelles, au contraire, comme l’amour, manger et le sexe, sont contrôlées par des mécanismes de régulation qui génèrent une aversion ou un rejet. Ces mécanismes d’aversion n’existent pas en réponse à des stimulations artificielles comme la drogue.


L’élément clé pour obtenir l’effet bénéfique est d’arriver à un équilibre, c’est-à-dire avoir un état de rétro-alimentation biologique et des mécanismes de contrôle qui maintiennent les voies autorégulatrices dans un certain degré sain (Maureira F., 2009).


« Les vivencias induites par la musique en Biodanza peuvent créer des ‘effets’ semblables à certains neurotransmetteurs comme à certaines hormones. Ceci signifie que certains exercices spécifiques en Biodanza induisent des ‘effets dopaminergiques’, des ‘effets endorphiniques’, des ‘effets GABA’, etc.

Notre hypothèse est que de ces effets induits par les vivencias de Biodanza activeraient les circuits neurologiques et glandulaires dans lesquels se produisent leurs actions respectives, neurologiques, endocriniennes et immunologiques.

L’organisme humain étant un hologramme vivant en permanente transformation, les relations entre émotions, système nerveux, système endocrinien et système immunitaire sont d’une extrême complexité. »


L’amour peut ainsi être vu comme un processus dynamique qui représente un résultat de différentes composantes probablement étayées par différents substrats neurologiques à différents moments. Certains pas peuvent être identifiés comme : le commencement (tomber amoureux) qui est le processus d’attraction suivi par un processus d’union qui, dans certains cas, peut durer pour toujours. L’union sociale sélective et la propension à développer des liens sociaux sont des caractéristiques nécessaires pour le concept d’amour. Tant l’amour sexuel que l’amour romantique, parental ou maternel, peuvent procurer un sens de sécurité et réduire le stress. Ceci est important pour une vie saine et une façon équilibrée de prendre des décisions.


Biologiquement, tomber amoureux est le premier pas dans un couple qui implique le fait de s’unir et de s’enlacer. Ces liens, comme celui de la conduite romantique et sexuelle, sont des expériences qui amènent au plaisir, à la joie et au bonheur.


L’acte de tomber amoureux représente un état physiologique transitoire qui est lié aux comportements utiles biologiquement, entraînant des changements de comportement bénéfiques et des interactions sociales.


L’amour a clairement une connotation positive. Il semble cependant être un phénomène complexe n’impliquant pas seulement des éléments sensoriels et comportementaux mais aussi psychologiques, émotionnels et neurobiologiques. Tout ceci a une raison biologique et sa finalité va bien au-delà de la reproduction puisque l’amour facilite les relations de longue durée et est lié à la confiance, ce qui donne appui et protection dans des circonstances difficiles.


La forme la plus acceptée d’union sociale plus durable dans le domaine de l’amour est celui maternel. L’idée de l’amour maternel entraîne un comportement sélectif des parents à un enfant, donc un amour parental. L’amour intime d’une mère à son enfant est ainsi une motivation puissante et forte sur le comportement d’un individu (Garza I, 2010).


La conduite sexuelle, d’autre part, est étroitement liée au lien mais ils ne sont pas synonymes, puisque l’acte sexuel peut se passer en absence de lien.


Syndrome d’abstinence à la cocaïne et tomber amoureux


Le syndrome d’abstinence est donné par deux types de dépendances :

a) L’une physique générée par un état d’adaptation de l’organisme qui se traduit par la présence d’altérations physiques en supprimant l’administration de cocaïne.

b) Une dépendance psychique générée par un état de bien-être et une satisfaction motivée par la consommation de la cocaïne et induit l’individu à répéter sa prise pour continuer cet état ou éviter les symptômes d’abstinence, celui-ci étant le facteur le plus important.


Le syndrome d’abstinence à la cocaïne apparaît peu d’heures ou de jours après l’interruption de la consommation abondante et prolongée de la drogue. Les symptômes d’abstinence aigus s’observent fréquemment après des périodes de consommation de doses élevées et répétées. Ces périodes se caractérisent par des sentiments intenses et désagréables de laisser aller et de dépression qui demandent généralement quelques jours de repos et de récupération. Des symptômes dépressifs, avec des idées ou des comportements suicidaires peuvent apparaître, ce qui est un problème très grave observé pendant cette période d’abstinence de cocaïne (Maureira F., 2009).


Dans le cas de la rupture d’une relation de couple, on suit les mêmes phases que dans le deuil par perte, phases établies par la psychiatre Kübler-Ross : négation, dissociation, isolement, rage, négociation, dépression et acceptation (Maciejewski et coll., 2007). Après la rupture d’une relation de couple se produit un syndrome d’abstinence par rapport à la personne aimée, avec une dépendance physique et psychique qui peut se produire quelques heures et surtout quelques jours après la fin de la relation. A partir de ce moment, des symptômes comme la dépression, l’insomnie, l’irritabilité et de forts désirs de se retrouver avec cette personne se produisent, des idées suicidaires se présentent aussi parfois (Rodriguez DF, 1998).


On observe aussi de l’anxiété, du désœuvrement, peu d’énergie et un manque de désir de vivre (Páez, 2006). La durée de ceux-ci va dépendre des conditions biologiques de chaque sujet et de la durée de la relation.


Arrive ensuite une phase où le sujet commence à se sentir mieux et les symptômes d’abstinence diminuent. C’est une étape cependant dans laquelle, face à l’ancienne stimulation amoureuse, on retombe dans la consommation, on revient à une relation de couple (Páez, 2006). S’il n’existe pas de rechute avec l’objet aimé, les symptômes vont décliner lentement jusqu’à arriver à une acceptation totale de la fin de la relation. Dans une perte non pathologique, cette période est toujours inférieure à deux ans (Maciejewski et coll., 2007).


« Nous pourrions dire que les personnes que nous fréquentons s’installent dans nos cellules. C’est la raison pour laquelle la séparation des amants est vécue comme une mort. Il ne s’agit cependant que d’une mort psychologique, avec des fantasmes autodestructeurs. A mon avis, la séparation des amants est une catastrophe biologique. »


Amour et stress


Quand il y a des symptômes comme la sueur, l’arythmie cardiaque, l’augmentation du péristaltisme et une diarrhée, nous pouvons être en présence d’une expérience stressante. L’amour, le désir et le plaisir impliqués dans ce concept semblent cependant ne pas être seulement gratifiant individuellement mais être aussi des expériences biologiques et comportementales avantageuses.


« L’organisme humain étant un système unitaire et autorégulé, la tâche future de la psycho-neuro-immunologie est de déterminer quels types de vivencias génèrent des tendances biochimiques spécifiques dans le système d’immunorégulation. »


Dans les récentes recherches sur l’union humaine, on a démontré que les individus stressés peuvent déclencher une recherche de plaisir, la proximité ou l’intimité provoquant le rééquilibrage des états psychologiques et physiologiques altérés. Il a été affirmé que certains degrés de stress fort mais gérable peuvent être nécessaire pour créer des liens. Sans la socialisation en périodes de stress, cependant, la maladie peut surgir comme dans des situations d’isolement forcé, d’anxiété, de peurs ou d’autres formes de stress. Ce processus se génère par l’augmentation d’hormones comme le cortisol. L’axe hypothalamo-pituitaire-adrénal (HPA) se potentialise. Ces conditions et ces expériences tendent normalement à promouvoir des interrelations sociales, le stress excessif, chronique, cependant peut compromettre la santé et la survie et peut également amener à la dépression et à la rupture des interactions sociales.


Ce stress chronique pourrait inhiber la formation d’union et d’appui, amenant l’individu à une déprivation sociale ou un déséquilibre régulateur, compromettant ainsi l’autorégulation saine. Dans une marge homéostatique, cependant, le processus positif lié au stress et qui inclut l’augmentation du HPA peut promouvoir le développement de l’union sociale. De plus, les interactions sociales positives peuvent aider à créer des états physiologiques qui sont anxiolytiques et réducteurs de stress, c’est-à-dire promouvant la santé et l’équilibre qui sont les concepts clés dans la sociabilité. Dans des situations de stress prolongés, comme cela est démontré chez les rongeurs et les primates, le stress social et l’agression augmente, accompagné par un état d’infertilité, une sensibilité aux infections, une augmentation de la pression sanguine, des dommages cardiovasculaires et rénaux, parmi d’autres maladies (Garza I, 2010).


Il est important pour les organismes biologiques d’avoir des programmes et des stratégies qui amortissent le stress et l’isolement social, l’amour peut ainsi être un de ces mécanismes. Les individus qui ont une meilleure stratégie pour contrecarrer le stress ont aussi de meilleures fonctions immunitaires et une réalisation sexuelle, et ainsi de meilleurs bénéfices directs pour la survie. Ils possèdent donc des avantages, non seulement pour passer leurs gènes mais aussi de meilleures méthodes pour affronter les situations.


« La caresse est un des instruments fondamentaux de la Biodanza car elle induit des changements fonctionnels dans les domaines organique et existentiel. La caresse éveille la source du désir et exprime l’identité. Les thérapies et la médecine ont, généralement, une haute technologie et une sémantique sophistiquée, mais un total manque d’affect. Le développement de l’érotisme est essentiel dans le processus de changement. Les motivations existentielles s’enrichissent par la force de l’éros et le désir de l’amour. »


Il existe une sélection naturelle positive par les mécanismes biologiques qui aident à faciliter la réduction du stress et favorise les comportements avec des expériences de plaisir, de jouissance et d’amour. D’une manière générale, le bonheur, le plaisir, le bien-être, le contact social et l’appui sont liés au concept d’amour et abaissent le stress. C’est un facteur évolutif important et distinctif qui peut être la raison pour laquelle les organismes biologiques supérieurs ont tendance à chercher le plaisir. Somme toute, ces phénomènes psychologiques ont une équivalence biologique et sont immergés dans la structure et les voies du système nerveux central (SNC).


« Notre finalité est d’activer, par la danse et des exercices de communication en groupe, de profondes vivencias harmonisatrices. Hypothétiquement, nous pouvons suggérer l'hypothèse suivante: la dépression est causée par la perte, dont les variables biochimiques - en particulier celles qui touchent le métabolisme cérébral et le système immunitaire - favorisent l'apparition des foyers cancérigènes. Il est évident que la perte influe de multiples manières sur les processus d'auto­régulation de l'organisme, augmentant d'une manière temporaire l'entropie du système. Je pense qu'un fort stress émotionnel produit des turbulences dans les circuits d'intégration, créant ainsi les possibilités de changement et d'évolution mais pro­voquant aussi une certaine instabilité dans les mécanismes régulateurs».


La confiance et la foi qu’une personne a, remplit indubitablement un rôle important dans la santé, en médecine et en sciences. Il a été suggéré que l’effet placebo intervient à la base sur des mécanismes de récompenses dopaminergiques et probablement morphiniques. De plus, la physiologie de la récompenses liée au placebo est associée à des attentes de thérapie positive, de bénéfices cliniques attendus. L’effet placebo peut donc impliquer une motivation positive et de plaisir anticipé. La réponse placebo, comme décrit, se base sur la confiance et la foi, et cette connexion a surtout ses racines neurobiologiques dans l’activité cérébrale limbique ou frontale/préfrontale (Esch et coll., 2005).


Presque toutes ces structures et ces mécanismes présentent des fonctions d’association avec des fonctions cognitives de confiance et de foi. La confiance a ainsi une composante émotionnelle où le circuit de motivation et de récompense s’unit au processus de mémoire, lequel sera renforcé par une valence émotionnelle positive, liée à une personne, une idée ou une chose en laquelle on croit.


Cette mémoire, avec des composantes émotionnelles, accompagnée de marqueurs somatiques, par exemple le plaisir ou l’émotion, peuvent renforcer une croyance ou déclencher des réactions physiologiques positives, même à l’encontre de la rationalité. Ainsi, la confiance en un docteur ou en une thérapie, un couple, une confiance en l’amour en général, une confiance religieuse, etc. peuvent stimuler des processus de santé naturels. Ceci peut se reposer sur des molécules de signalisation autorégulatrices : endorphines, endocannabinoïdes probablement créées dans le système limbique. Bien plus encore, les croyances affectent l’apparition d’expériences agréables mésocorticales, mésolimbique, amenant du bien-être. Dans l’ensemble, la modulation subjective de l’information qui entre dans le cerveau, par exemple postérieur à une stimulation des organes sensoriels, peut être importante dans l’amour, le plaisir et le placebo. Ceci peut être particulièrement vrai quand des qualités positives ou des expériences de sensations agréables comme le contact, l’attention ou des sentiments de protection en général sont concernées.


La chimie de l’amour

Chez les espèces de couples hétérosexuels, l’activité de récompense sexuelle est liée à l’appui social et le lien. Le comportement sexuel cependant peut être physiologiquement stressant pour les deux sexes, les stéroïdes surrénaliens, la vasopressine, l’ocytocine, la dopamine et les opioïdes endogènes comme les opiacées et les niveaux très élevés d’oxyde nitrique, sont libérés pendant l’activité agréable comme pendant la conduite sexuelle, indiquant que des voies neurologiques sont liées aux voies de réponse du stress et aux mécanismes de récompense.


Parmi les stimuli variés qui provoquent la libération d’oxyde nitrique, le stress émotionnel comme la peur et l’anxiété peuvent induire une altération cardiovasculaire comme des arythmies cardiovasculaires. Ce sont les mêmes altérations qui se produisent quand on est exposé au stimulus sexuel, elles sont impulsées dans le SNC au niveau du cingulum, de l’’amygdale et de l’hypothalamus.


Les neurones dans le cortex cingulaire, le noyau central de l’amygdale et l’hypothalamus latéral, étant donné leur rôle dans l’intégration de l’entrée sensorielle environnementale et les émotions, peuvent être impliqués dans cette union émotionnelle avec le phénomène cardiovasculaire, Ceci entraîne des changements dans le tonus vasculaire autonome, avec une variation d’effets cardioprotecteurs à prédominance parasympathique sur une activation cardiaque sympathique massive. Cette composante autonome effectue avec les cellules préganglionnaires parasympathiques et sympathiques des voies vers le noyau subcortical à partir desquelles la voie centrale autonome descend. Elle peut donc être une voie principale qui explique comment les états émotionnels peuvent affecter le système cardiovasculaire et la santé. Bien plus encore, l’ocytocine est très importante dans la physiologie de l’amour, elle a aussi été reliée à la réduction du stress. Chez les humains, l’ocytocine inhibe la réponse au stress sympathique-adrénergique en libérant des corticoïdes surrénales. (Esch et collaborateurs, 2005).


L’exposition aux stéroïdes, par exemple, dans des expériences stressantes peut produire des changements structuraux et comportementaux et même des changements qui peuvent altérer la prédisposition au comportement social. Le développement précoce semble donc être ici d’un intérêt particulier; le stress prénatal ou périnatal, ou des traitements hormonaux du stress ainsi que des expériences altérées avec les parents peuvent affecter les modèles de comportement sexuel et social dans la vie adulte. La p4 et les glucocorticoïdes ont une structure chimique comparable et peuvent partager des propriétés physiologiques et avoir donc des effets similaires. Ces stéroïdes peuvent agir séparément ou ensemble pour influencer le comportement social.


Les traitements à base de vasopressine réduisent l’expression génique de l’ocytocine dans le noyau paraventriculaire. Si la vasopressine est intégrée à l’axe HPA et sensible à l’androgène, les changements associés au stress périnatal ou androgénisation pourrait altérer le circuit ocytocinergique et augmenter l’agressivité.


Ainsi, les hormones impliquées dans la physiologie de l’amour comme la vasopressine, démontrent une relation entre le développement précoce, le stress, la signalisation physiologique de l’amour et le comportement social ou protecteur qui en découle. Les individus amoureux ont un plus haut niveau de cortisol par rapport à ceux qui ne le sont pas. Cette hypercortisolémie liée à l’amour peut représenter un indicateur plus spécifique des changements qui se produisent dans la phase précoce d’une relation, reflétant une condition quelque peu stressante ou une résurgence d’expériences précoces du contact social. Cet état d’alerte, associé à l’amour, peut permettre de vaincre la néophobie bien que ceci soit encore une hypothèse. Ce stress positif semble être important pour la formation du contact social et du soutien.


Ainsi, l’apparition d’une expérience stressante augmente le HPA et la libération de peptides, d’opioïdes, de vasopressine et d’ocytocine mais induit aussi un comportement social et de soutien. Les composantes sociales positives peuvent réduire l’activité HPA et le stress et les neuropeptides centraux comme la vasopressine et l’ocytocine ont été impliquées dans l’union sociale et le contrôle de l’axe HPA.


Les vivencias induites par la musique en Biodanza peuvent créer des « effets » semblables à certains neurotransmetteurs et certaines hormones. Cela veut dire que certains exercices spécifiques en Biodanza induisent des « effets dopaminergiques », des « effets endorphiniques », des « effets GABA », etc.

Notre hypothèse est que ces effets induits par les vivencias de Biodanza activeraient les circuits neurologiques et glandulaires, là où se produisent leurs actions neurologiques, endocrines ou immunologiques.


Chimie de l’amour romantique

La première étape liée à l’accouplement est le désir sexuel qui peut se définir comme le besoin de récompense sexuelle. Là ce sont les œstrogènes et les androgènes qui sont chargés de générer cette conduite. La seconde étape est l’amour romantique ou le fait de tomber amoureux qui peut se définir comme le processus d’attention à un partenaire en particulier pour l’accouplement, ajouté au besoin d’union sentimentale avec ce partenaire ; on observe ici une augmentation de la dopamine et de la norépinephrine et une diminution de la sérotonine. Finalement, il existe une étape de soutien du partenaire avec pour but de prendre soin de la progéniture. On observe ici la construction et la défense d’une tanière, on partage les obligations envers les enfants et il existe un confort et une union sentimentale. Là ce sont les neuropeptides qui sont chargés de cette conduite : l’ocytocine et la vasopressine (Fisher, H ;, 2002).


La Biodanza génère, par des exercices et des danses, des champs spécifiques très concentrés pour stimuler les potentiels génétiques. Une séance de Biodanza est un bombardement d’écofacteurs positifs sur la fonction intégratrice-adaptative-limbique-hypothalamique.


Conduites pendant l’ « enamourement »

Dans une relation de couple, il existe des conduites caractéristiques avec une dépendance émotionnelle, de la jalousie, de la possession, une crainte du rejet, une anxiété pour la séparation, une empathie envers la personne objet d’amour, un désir de se sacrifier pour le bien du couple, un réordonnancement des priorités quotidiennes pour être disponible à l’être aimé, un désir sexuel exclusif pour la personne aimée, un désir d’union émotionnelle plus important que sexuelle et une passion involontaire et incontrôlable. Toutes les conduites qui peuvent s’observer chez un sujet amoureux peuvent être expliquées à partir de la neurochimie de son cerveau. L’augmentation de dopamine augmente l’attention et la tendance à considérer la personne aimée comme unique. Cela provoque de l’euphorie, une perte d’appétit et de sommeil, des tremblements, des palpitations, une augmentation de la fréquence respiratoire, une anxiété, une panique, une peur, de changements subits d’humeur, un désespoir si la relation se rompt. Toutes ces conduites sont caractéristiques de la dépendance aux drogues comme la cocaïne et les amphétamines (Paez, 2006).


L’augmentation de la norépinephrine permet la fixation des qualités positives et néglige celles négatives de la personne aimée. La diminution de la sérotonine génère des pensées obsessionnelles envers la personne aimée, situation qui se passe aussi dans les troubles obsessionnels (Paez, 2006).


Système neural du plaisir

En 1954, James Olds et Peter Milner ont placé une électrode de stimulation électrique dans le cerveau d’une souris. L’animal se trouvait dans une cage où il avait le choix de pousser un levier et de s’auto-administrer des impulsions électriques. La souris pouvait presser sur le levier de 500 à 5000 fois par heure et il préférait l’autostimulation électrique au lieu de manger, boire et copuler. Les chercheurs étaient donc sûr d’avoir trouvé le centre du plaisir (Palmero et al., 2005). On sait aujourd’hui qu’Olds et Milner placèrent les électrodes de stimulation sur l’aire ventrale tegmentale (VTA) qui se connecte avec le noyau accumbens (NAc). Le VTA produit de la dopamine et l’envoie vers le NAc où il y a deux récepteurs : le D1 qui est excitateur et le D2 qui est inhibiteur.


Quand la dopamine se libère, elle active les récepteur D1 provoquant l’activité du NAc. Après un temps, le D2 retourne au NAc, à l’état antérieur de l’excitation. L’activation du NAc par libération de dopamine par le VTA se passe en présence de renforçateurs naturels (nourriture, eau et sexe) et artificiels (drogues) (Palmero et coll., 2005).


Le NAc reçoit des projections de l’hypothalamus latéral (HL), le cortex préfrontal (CPF), le thalamus dorsomédial (TDM), l’hippocampe (HC) et bien-sûr de la VTA. Le noyau accumbens envoie à son tour des projections vers la VTA et le HL, alors que la VTA envoie et reçoit des projections du CPF et du HL. Ces structures forment le système de récompense appelé aussi circuit limbico-moteur. Dans le système de récompense, l’information viscérale et endocrine est reçue par le HL, l’activation de la VTA se produit en présence de renforçateurs naturels ou artificiels, (Maureira F., 2009).


Une grande quantité de comportements peuvent être expliqués par des processus simples d’approche au plaisir, comme les comportements motivés et les évitements de stimulus douloureux. La motivation peut ainsi être divisée en deux catégories :

- Motivation attractive qui a à voir avec un comportement dirigé vers des objectifs qui sont normalement associés à quelque chose de positive ou d’hédonique, c’est-à-dire plaisant ;

- Motivation aversive qui implique de s’éloigner de situations désagréables.

Deux forces fondamentales dirigent donc la motivation et le comportement qui en découle : le plaisir et la douleur.


Le développement du potentiel créatif au cours de l’existence (ontogenèse) s’articule avec les écofacteurs qui stimulent ou inhibent le potentiel créatif. Face à la difficulté d’unifier l’expérience cosmogonique et de tout englober, on a pris en Biodanza des éléments universels pour reproduire en une danse la vivencia personnelle de la création du monde, les séries de mouvement qui conduisent du chaos au cosmos.


On a suggéré que le plaisir peut être associé aux comportements bénéfiques, aux événements qui facilitent la survie et bénéficient donc à l’organisme ou à l’espèce d’un point de vue évolutif. La douleur, d’autre part, est associée à la nociception, lequel décrit la condition qui peut avoir des conséquences biologiquement indésirables pour un organisme. Pourtant, la douleur et le plaisir émergent potentiellement l’un de l’autre étant donné que les deux aires du cerveau spécialisées et impliquées dans la motivation de l’attraction ou de l’aversion sont dans le système limbique. Ainsi, la récompense et le châtiment sont fonctionnels et anatomiquement interconnectés. Ce sont des composantes cruciales du système nerveux central. Dans les circuits de la récompense et de la motivation, ce sont les cellules nerveuses qui se créent dans l’aire ventral tegmentale (VTA) proche de la base du cerveau, qui envoient des projections aux matières blanches dans le cerveau frontal, plus probablement aux structures qui se trouvent sous le cortex central, le noyau accumbens.


Des recherches ont montré que le neurotransmetteur essentiel de cette connexion est la dopamine. Le système VTA ou système dopamine mésolimbique représente clairement une partie primitive mais très affective de la physiologie motivationnel et du comportement. Cependant, chez les humains, la neurobiologie du comportement inclut le circuit de récompense qui est plus complexe et intégré avec de nombreuses autres régions du cerveau qui servent à enrichir une expérience avec l’émotion. De plus, ces régions du cerveau dirigent aussi la réponse individuelle ou le comportement réel vers la stimulation gratifiante comprenant la nourriture, le sexe et l’interaction sociale. Par exemple, l’amygdale aide à établir si une expérience est agréable ou désagréable (et si elle devrait se répéter ou s’éviter) ; l’hippocampe participe à enregistrer la mémoire d’une expérience, où, quand et avec qui elle s’est produite. Le cortex cérébral quant à lui coordonne et traite toute l’information et en détermine le comportement. Finalement, la voie VTA Accumbens agit comme un outil de mesure et de régulation de la récompense : il dit aux autres centre du cerveau combien gratifiante est l’activité. Plus une activité sera perçue comme gratifiante, plus il sera probable que l’individu s’en souvienne et la répète (Garza I., 2010).


Les processus de « répression affective » d’origine culturelle induisent une souffrance et perturbent gravement l’autorégulation organique. Beaucoup de maladies psychosomatiques ont leur origine dans la répression et la carence affective. Les processus de libération induits par la Biodanza génèrent une plénitude existentielle et la santé.


La tendance à s’approcher ou à éviter des stimulations sociales particulières ou des objets biologiques est fondamentale pour la conduite d’attachement ; certains stimuli peuvent être naturellement positifs et provoquer des réponses positives, alors que d’autres, particulièrement ceux qui sont nouveaux, produisent une sensation d’insécurité, peuvent être aversifs, induire de la crainte et même produire des réponses de stress.


Des états physiologiques spécifiques peuvent faciliter des comportements positifs ou socialement bénéfiques et même l’attachement ou la reproduction ; d’autres états cependant peuvent provoquer des comportements auto-défensifs ou agressifs, des états qui peuvent parfois être incompatibles ou difficiles à combiner avec l’amour et l’attachement. Les systèmes d’autorégulation peptidergique impliquent l’ocytocine et peuvent servir à inhiber les comportements défensifs associés au stress, à l’anxiété et à la crainte. Ils peuvent de plus permettre le développement d’interactions sociales positives. Cependant, ce même système peptidergique qui englobe les circuits des récompenses, lesquels induisent un sentiment de plaisir et une motivation de l’appétit, peut être lié à l’apparition de stress et aussi à la réduction du stress, un aspect positif qui promeut la santé.


Les hormones stéroïdes liées à la physiologie du stress et le cycle de reproduction peuvent influer sur la connexion de l’ocytocine avec le récepteur du système nerveux central, particulièrement dans l’axe olfactif limbique hypothalamique qui a été impliqué dans le comportement social et sexuel.


Fonctions limbiques : récompense et plaisir

Les mécanismes biologiques qui mesurent la motivation du comportement pour des événements communément associés au plaisir sont appelés de récompense.


Ils gouvernent généralement les comportements par des expériences de plaisir.


Plaisir : état, sentiment de félicité ou satisfaction qui résulte d’une expérience qui se savoure. C’est un phénomène subjectif et c’est le bien-être qui vient satisfaire les besoins homéostatiques comme la faim, le sexe et le confort corporel. Il existe donc une association intime entre récompense et plaisir.


En neurobiologie, le plaisir est une fonction des circuits de récompense et de motivation qui sont placés dans le SNC. Anatomiquement, ces circuits de récompense sont liés au système limbique.


L’amour a la capacité d’influencer sur le système d’intégration autonome émotionnel, c’est-à-dire sur le système limbique. Ici, le SNA et l’émotion s’unissent. Même l’activité sympathique et la production de l’hormone du stress sous-tendent les circuits autorégulateurs. Une association entre amour, émotions, neurotransmetteurs, production d’hormones de stress, réponses autonomes, comportements et états d’humeur deviennent évidente.


L’influence de l’amour sur les fonctions vitales comme la vitesse de la respiration, la pression sanguine, les battements cardiaques, comme un résultat de l’intégration autonome peut amener, quand une personne aime, à différents états altérés de conscience. Ainsi, une activation du système de récompense du cerveau produit des changements qui vont d’une augmentation de l’humeur légère jusqu’à un plaisir intense et une euphorie. Ces états physiologiques aident généralement à diriger le comportement vers des récompenses naturelles, c’est-à-dire l’amour.


Il y a longtemps que les neurobiologistes savent que l’euphorie, par abus de drogues, de sexe et d’autres activités agréables, surgit parce que ces facteurs déclenchent des systèmes de récompense dans le cerveau. Ceux-ci sont faits de circuits complexes de cellules nerveuses qui ont évolué pour nous faire nous sentir satisfaits (au lieu de manger ou d’avoir du sexe), ce dont nous avons besoin pour survivre et transférer les gènes.


Les circuits de récompense sont, au niveau évolutif, primitifs, ce sont les circuits limbiques comme le cortex préfrontal ou orbitofrontal, le gyrus angulaire, l’amygdale, l’hippocampe et le noyau accumbens qui participent à la physiologie de la récompense. Le cortex latéral orbitofrontal s’active avec des stimulations visuelles, tactiles ou olfactives dont la réponse dépend du plaisir plutôt que de l’intensité du stimulus. La mémoire du plaisir, du bien-être, c’est-à-dire le souvenir du bien-être est accessible par le mécanisme de l’hippocampe. Avec une activation fréquente du SNC qui se fait par l’hypothalamus latéral et le tegmentum ventral, on a démontré que de forts effets de récompense sont produits, grâce à un neurotransmetteur important : la dopamine (Esch et coll., 2005).


Le plaisir et la jouissance ont comme objectif la reproduction, l’amusement et la croissance personnelle.


Les stimulants psychomoteurs, les opiacées et d’autres récompenses naturelles (aliment et sexe), activent les circuits de récompense par leur action pharmacologique sur la VTA, le noyau accumbens, les amygdales et d’autres structures liées au mésolimbique et aux aires préfrontales.


L’activation tegmentale ventrale englobe les signaux de la dopamine. D’autres neurotransmetteurs (GABA, glutamate, sérotonine, noradrénaline, cortisol, acétylcholine, oxyde nitrique, peptides, endorphine/opioïdes et endocannabidoïdes) peuvent jouer un rôle critique sur la physiologie de la récompense, en plus de la production endogène d’endorphine/opioïdes qui peut être importante (Esch et coll., 2005).


L’alimentation, le comportement maternel et l’activité sexuelle peuvent être des facilitateurs par l’activation d’opioïdes dans le système de récompense. L’origine de la VTA (système ventral tegmentale dopamine) semble être une interface neurochimique importante où les peptides opiacés et les opioïdes d’origine endogènes et exogènes peuvent activer un mécanisme du système nerveux central impliqué dans la motivation du désir et de la récompense.

Les personnes qui ont une identité faible sont incapables d’aimer, elles ont peur de la diversité et leurs liens avec d’autres personnes sont défensifs. Les formes pathologiques de l’affectivité s’expriment par la destructivité, la discrimination sociale, le racisme, l’injustice et des impulsions autodestructives. Une façon peu connue de la pathologie de l’identité est le « relativisme éthique » qui consiste à justifier des actions infâmes avec des raisonnements intelligents.

Cette attitude est typique de gouvernements totalitaires et de personnes individualistes.

L’expression ontologique de notre identité est le mouvement corporel. La danse, est donc une action exercée directement sur l’identité. L’amour et le désir sexuel renforcent l’identité qui, à son tour, la rend vulnérable. C’est un nouveau paradoxe.


La danse active le noyau central de l’identité : l’émouvante sensation d’être vivant et la perception de l’unité de notre corps avec les vivencias et les émotions. A partir de cette sensation viscérale se réactualisent les premières notions du corps et leur perfection comme source de plaisir. En même temps, la notion d’être différent et unique s’accentue en entrant en contact avec d’autres personnes. L’estime de soi et la conscience de soi s’élèvent à des niveaux inhabituels. Le « se sentir vivant avec l’autre » et, en même temps exalter ses propres caractéristiques, renforcent tous les circuits d’une identité saine.

Pendant les exercices de Biodanza, la personne est plus que jamais elle-même : respectée, valorisée, chérie et acceptée. Elle expérimente son corps comme source de plaisir et également comme potentialité capable de s’exprimer de façon créative. Les deux grands pôles entre lesquels se recycle le processus d’identité sont ainsi fortement activés en Biodanza.


En Biodanza se réalisent des exercices où on apprend à exprimer les potentiels de façon créative, promouvant ainsi le processus de différenciation évolutive. Dans de telles conditions, le participant de Biodanza atteint une identité suffisamment intégrée, afin d’atteindre les états de conscience cosmique.


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