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La vie comme un impératif cosmique par Claudia Moena Gaona

Ainsi se résume à mes oreilles le poème de Rolando Toro qui dit « nous fûmes semés dans la galaxie ». Il se conjugue avec d’autres phrases célèbres qui disent que « nous sommes enfants des étoiles ».


Ce qui est certain pour moi est que nous vivons dans un mystère merveilleux. Des forces puissantes qui soutiennent la vie nous poussent à créer plus de vie dans la vie, comme des tables sacrées qui habitent dans le simple acte de vivre et dans le miracle du quotidien, comme un cadeau permanent de création.


Nous sommes des êtres multidimensionnels et notre mission est notre vie. Après des siècles stellaires et 14 milliards d’années d’évolution qui parlent dans chacune de nos cellules, même si nous n’en avons pas beaucoup conscience, nous habitons dans cette possibilité et célébrons le merveilleux acte de vivre.


Aujourd’hui, en plus des apports de Freud qui souligne que nous avons tous une mémoire biographique, nous avons les apports de Jung, venus un peu plus tard, qui mettent en évidence l’inconscient collectif de l’humanité, modèles de conduites communs à notre espèce et, plus généralement, d’une qualité de vie. Jung a indiqué intuitivement que, dans le futur, ces modèles archétypiques devraient prendre une dimension corporelle. C’est ainsi, une fois de plus, qu’on nous révèle la dimension transcendante sans précédent de la vie et que parler d’archétypes, c’est prendre contact avec cette force guide qui nous conduit à vivre les expériences les plus transcendantes de notre existence sur terre, qu’elles soient merveilleuses ou effrayantes.


Les visions du cosmos des peuples du monde se ressemblent et coïncident avec des mythes de création, mort, renaissance, etc. valorisant le sacré de l’acte de vivre. Sans le savoir, nous cherchons la fusion et incarnons la mère et le père que nous portons à l’intérieur, nous cherchons à être des héros et des héroïnes de notre voyage cosmique, en surfant sur les différentes dimensions, en créant des réalités chaque fois plus complexes dans notre éternel devenir.


Quels sont les archétypes personnels et culturels que nous avons réussis tout au long de notre vie à développer pleinement ? La négligence culturelle nous appelle urgemment à un changement de paradigme. À partir de la vision archétypique de la vie, l’appel est de déterrer et resignifier des mythes et archétypes d’une force expressive extraordinaire qui nous invitent à révérer le miracle de la vie. Le génie de Rolando Toro A., en donnant une dimension corporelle au mythe et à sa puissance, a ouvert la boîte de Pandore. Nous avons aujourd’hui un chemin merveilleux de recherche phénoménologique pour l’étude et la réhabilitation de l’identité à partir de l’incorporation de mouvements de vie et de gestes éternels, aussi appelés « Positions génératrices », nom que leur a donné Rolando parce qu’elles nous invitent à vivencier les forces expressives de chaque geste générateur de vie.


Je sais aujourd’hui que pénétrer dans les entrailles de la vie c’est avoir l’audace de danser avec véhémence tout ce qui nous fait nous sentir vivants, nos rêves, nos lumières et nos ombres et surtout notre Amour, notre potentiel de lien. Ce fut ainsi comment, un beau jour, je suis sortie de ma léthargie et osai aller au-delà de mes propres limitations personnelles et culturelles. À 14 ans, j’ai fui de ma maison pour ne pas continuer à être tourmentée par le poids violent de la morale et des bonnes mœurs. La Biodanza a rendu des ailes à mes pieds et a réveillé mes archétypes de joie et d’extase, d’amour infini et de plaisir de vivre. Je me suis retrouvée et des larmes de rédemption m’enveloppèrent, dansant le triomphe de mon existence. J’ai cessé de me sentir une victime des circonstances pour me sentir heureuse d’être une femme sauvage, nourricière. Pacha Mama, Chamane, Athéna, Aphrodite et innocente ont toujours pulsé en mon cœur, parce que recevoir le présent comme un cadeau et le remplir d’une nouvelle signification, c’est entrer dans la grâce de vivre.


Je suis restée avec cette chanson qui a accompagné mon enfance et qui dit : « Nous sommes les annales qu’aura le futur, nos années sont le passé du ciel »… Je crois en les poètes qui furent un jour déterrés de l’histoire pour apporter le sublime et le merveilleux et que la vie nous prend aujourd’hui avec tant de force.


Parce que l’unique révolution possible est la révolution poétique, l’art de la rencontre, l’étreinte et la capacité infinie de tendresse.


Dans un monde où, dans les villes, des archétypes apocalyptiques dominent, comme des vampires, Frankenstein, des zombies, des Hulk, des aliens, et tout ce que l’industrie cinématographique promeut, éveiller « l’inconscient numineux » reflété dans la grandeur humaine et sa capacité illimitée d’amour, est urgent et nécessaire.


Chaque ronde ravive chez moi l’espoir et la certitude de continuer à inscrire de nouveaux ciments dans l’histoire de ce merveilleux univers, multivers. La ronde et les danses qui affleurent dans chaque visage, chaque regard, chaque geste, annoncent le miracle de nous sentir intensément vivants, que notre vie est dans nos mains, que l’environnement soit dense et chaud dépend de nos actes quotidiens de soin et de tendresse comme base biologique de l’amour. Tout ce que je sais, je l’ai dansé à partir de mes entrailles et l’ai transmis à partir de ce même lieu tellurique, magique et mystérieux qui donne du sens et de la plénitude à ma vie. J’ai la certitude que, dans chaque acte d’amour, nous recyclons simplement l’énergie cosmique ce qui n’est pas seulement une expression… que le voyage le plus merveilleux que nous avons est d’être connectés de centre à centre avec la vie, avec la grâce, l’harmonie et l’amour.

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